Rencontre avec Duong Nguyen Vu

Duong Nguyen Vu

La semaine de la science a été ouverte le 26 novembre 2015 par une conférence du Professeur Duong Nguyen Vu, directeur de l’Institut John Von Neumann (centre d’excellence en mathématiques appliquées de l’Université Nationale du Vietnam).

A cette occasion, les élèves du lycée ont pu mesurer à quel point la recherche en mathématiques est une activité foisonnante et utile dans domaines très variés (informatique, économie, sécurité et défense, création artistique…). D’après une étude publiée au printemps 2015, ce secteur contribuerait à 15% du PIB français !

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Par ailleurs, il a été  rappelé le rôle, souvent méconnu, joué par certains mathématiciens dans l’Histoire (à travers les personnalités de John Von Neumann, Alan Turing).

Enfin, pour ne pas oublier qu’à l’antiquité, la musique faisait partie des “sciences mathématiques” (au même titre que l’arithmétique, l’astronomie et la géométrie), deux élèves de 4ème C (Louise et Marianne) ont clôturé ce rendez vous en interprétant au piano une pièce attribuée à Mozart dont la partition a la particularité de posséder un centre de symétrie !

 

Bibliographie :

 

Les_Maths_au_tribunal« Les maths au tribunal » de Leila Shneips et Coralie Colmez (essai)

Le saviez vous ? Les mathématiciens, Henri Poincaré en tête, sont intervenus au dans le procès du Capitaine Dreyfus pour le faire disculper !

Cet essai nous raconte comment les mathématiques, souvent à force d’arguments statistiques, sont intervenues à charge ou à décharge des accusés dans un grand nombre de procès. Parfois avec ses erreurs…

eloge des mathématiquesAlain Badiou : « Eloge des mathématiques » (Philosophie)

La philosophie et les mathématiques, disciplines intimement liées à l’Antiquité ne font plus bon ménage de nos jours. Pire, les mathématiques ne sont plus perçues comme une disciplines faisant partie de notre culture générale… A qui la faute ? Comment lutter contre ce rejet alors que l’activité mathématique est une voie d’accès au bonheur?

 

 

Jia Mai : « L’enfer des codes » l'enfer des codes(Roman)

Un roman où le génie mathématique confine à la folie à travers le destin d’un chercheur spécialiste en cryptographie travaillant pour les services secret : un best seller en Chine !

les réveurs luaniresCédric Villani/Baudoin : « Les rêveurs lunaires » (BD)

Le récit en bande dessinée  de la deuxième guerre mondiale sous le regard des scientifiques qui ont œuvré dans l’ombre : décryptage, recherche autour de la bombe atomique, guerre technologique… Jusqu’où la science doit-elle aller? Les scientifiques peuvent-ils et doivent-ils être s’affranchir du pouvoir politique ?

 

 

 

En toute logique

A lire : La déesse des petites victoires, premier roman de Yannick Grannec.petites victoires

Anna Roth, jeune documentaliste travaillant à l’IAS (Institute of Advanced Search), a la délicate mission de convaincre la veuve de Kurt Gödel de rendre publiques les archives qu’elle détient de son mari. De son côté, Adèle Gödel, ancienne danseuse, toute sa vie renvoyée à son image de femme légère, a une revanche à prendre sur l’establishment. Elle n’entend pas se laisser dicter ses choix, mais elle va nouer avec Anna une relation dans laquelle, pas à pas, elle révèlera sa vie, passée auprès de celui qui restera comme la plus grande figure de la logique formelle.

Yannick Grannec, en signant ce roman, nous retrace – entre autre – la vie de Kurt Gödel. Né à Brno (République Tchèque), puis étudiant à Vienne, ce mathématicien au talent précoce dû fuir aux Etats Unis en 1940 avec son épouse Adèle face à la montée du nazisme. Spécialiste de la logique, il a alors déjà signé le résultat majeur qui lui assurera la postérité : le théorème d’incomplétude(*). Malheureusement, de santé fragile, il est sujet à la dépression et à la paranoïa. Affecté à l’IAS, le temple de la recherche scientifique de Princeton, il nouera des relations amicales avec Albert Einstein. Passé quarante ans, Gödel s’isole de plus en plus pour laisser à sa mort, en 1978, de volumineuses archives sur ses travaux mathématiques et philosophiques qu’il refusait de publier, craignant de passer pour un fou.

Récompensé par le Prix des libraires 2013, La déesse des petites victoires est un roman extrêmement documenté qui, satisfera la curiosité de tous en relatant les débats qui ont animé mathématiciens, scientifiques et philosophes sur la représentation qu’ils avaient du monde au milieu du XXème siècle. C’est aussi l’histoire de deux femmes, qui vont tisser au fil de leurs rencontres une singulière relation…

godelKurt Gödel

(*) Nos modèles mathématiques s’appuient sur des axiomes (par exemple « par deux points distincts donnés, il passe une droite et une seule ») à partir desquels nous démontrons des propriétés, des théorèmes, par raisonnement logique. Les travaux de Gödel nous apprennent que, pour un choix d’axiomes donné, il se peut que l’on puisse démontrer une chose et son contraire (inconsistance) et que certaines propriétés vraies sont impossibles à démontrer (incomplétude).
La découverte de Gödel est très profonde. En annonçant que la mathématique n’épuise pas toute la vérité, elle aboutit à la maturité d’une science par rapport à elle-même.

« Théorème vivant » : biopsie de la mathématique.

Exposé aux médias de façon retentissante après avoir obtenu la médaille Fields, Cédric Villani, chercheur atypique au look dandy, a acquis un statut de rock-star des mathématiques. Quid derrière les apparences ?

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Avec son livre Théorème vivant, Cédric Villani nous plonge dans ce qui fut son quotidien de chercheur entre 2008 et 2010. Une période où le travail qu’il accompli lui vallu la plus prestigieuse distinction en mathématiques.

Tout d’abord précisons-le clairement : bien que le lecteur sera captivé par nombre d’anecdotes sur quelques grandes figures des mathématiques,  Théorème vivant  n’est pas un ouvrage de vulgarisation.
Il faut bien l’avouer, les premières pages sont assez « monstrueuses » tant les propos formulés semblent abstraits, complexes et techniques. On y sentirait presque chez l’auteur une pointe désagréable d’autosatisfaction à évoquer de façon badine des formules qui écœureraient  n’importe quel étudiant sur le point de passer l’agrégation. Mais, au fil des pages, on comprend que là n’est pas l’essentiel, qu’il faut contempler ces calculs comme des images, sans forcément chercher à les comprendre… Pari audacieux pour un livre destiné au grand public : « il est communément admis en vulgarisation mathématique, et le plus souvent imposé par les éditeurs, qu’un texte rédigé pour tous ne doit contenir aucune formule » nous confie Cédric Villani…
En fait, ce sont les péripéties des recherches, menées avec Clément Mouhot, qui font le sel de ce récit et le rendent haletant. Les moments d’incertitudes, d’espoir, de découragement, d’euphorie, de fatigue, sont confessés, avec une sincérité totale. Les échanges de mails aux formules consignées en Latex, nous parlent dans un jargon inaccessible ? Peu importe, ils nous éclairent sur la passion, les intuitions des chercheurs et nous montrent qu’en mathématique ( sans « s » ! ) , « c’est comme dans un roman policier ou un épisode de Columbo : le raisonnement par lequel le détective confond l’assassin est au moins aussi important que la solution du mystère elle-même »
Le lecteur se passionnera pour la vie dans les laboratoires, l’univers de Princeton, l’émulation et les échanges entre scientifiques lors de colloques menés aux quatre coins du monde… Et aussi pour la façon dont la quête obsessionnelle de la preuve mathématique vient s’inviter dans le quotidien familial…

L’activité mathématique est bien plus humaine que vous ne le pensez !

A lire égalementhttp://cedricvillani.org/une-naissance-tant-attendue-theoreme-vivant/

Traductions

Choisis dans les établissements vietnamiens proposant un enseignement bilingue en français, les manuels de la collection « Triangle » viennent de paraître dans une version traduite aux Editions de l’Education du Vietnam. De même pour la collection « Cap maths » utilisée du cours élémentaire au CM2.

Complétant l’offre déjà développée en ouvrages scolaires de la Maison des Editions de l’Eduation, ces livres se proposent d’être utiles aussi bien aux élèves, qu’aux parents !

Ngô Bảo Châu en visite à Hô Chi Minh-ville

Vous ne comprenez rien ?

Ce petit théorème a été rédigé par Ngô Bảo Châu, le premier mathématicien vietnamien à avoir reçu, en 2010, la médaille Fields (l’équivalent du Prix Nobel, pour les mathématiques). Cette distinction vient récompenser sa démonstration du Lemme fondamental pour les algèbres de Lie : une démonstration de plus de 150 pages, dont le théorème ci-dessus n’est qu’un petit extrait !

Originaire de Ha Noi, Ngô Bảo Châu est une des grandes figures contemporaine des mathématiques. Ancien étudiant de l’université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, il est diplômé de la prestigieuse Ecole Normale Supérieure. Docteur de l’Université de Paris-Sud en1997, il est désormais professeur à l’université de Chicago.

 Ngô Bảo Châu

Peu avant la rentrée scolaire, le vendredi 31 aout, Ngô Bảo Châu, est venu à Hô Chi Minh ville pour une table ronde à l’IDECAF, à l’occasion de la parution de l’ouvrage « Ai et Ky au pays des nombres invisibles » qu’il a co-écrit avec Nguyễn Phương Văn. Publié en mars dernier, ce livre fait partie des meilleures ventes de livres au Vietnam : 10 000 exemplaires ont été vendus en une semaine après sa sortie ! Cet ouvrage peut être considéré comme une “histoire des mathématiques”, depuis la naissance du premier nombre irrationnel en passant par l’invention du système des coordonnées et de l’analyse. Mais il s’agit surtout d’un magnifique conte de fées, qui traite des paradoxes et sentiments humains, et nous apprend que le monde des nombres est aussi mystérieux, fantastique et romantique que la vie elle-même.  A cette occasion, le mathématicien a répondu aux questions du public venu à sa rencontre, a raconté quelques souvenirs concernant les professeurs  qui l’avaient marqué. Mais, à la question « quelle est a été votre recette pour  réussir aussi brillamment ? » il a répondu qu’il n’y avait pas de secret : « Le travail, le travail, le travail ! ».

Nous attendons donc maintenant avec impatience la traduction en français de cet ouvrage !

« Ai và Ky ở xứ sở của những con số tàng hình » (« Ai et Ky au pays des nombres invisibles » )  de Ngô Bảo Châu  et Nguyễn Phương Văn, est illsutré par Thái Mỹ Phương